L’éducation à la sexualité

La sexualité est une dimension fondamentale de l’être humain. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a défini la santé sexuelle ainsi : « La santé sexuelle est un état de bien-être physique, mental et social dans le domaine de la sexualité (…) ». Il est désormais reconnu que l’épanouissement sexuel fait parti de la santé sexuelle et de façon plus large participe au bon état de santé de l’individu, qui ne se résume pas uniquement à l’absence de pathologies ou de troubles.

La sexualité fait partie du développement de l’individu et ce dès sa naissance ! Il est essentiel de s’occuper de l’éducation à la vie affective et sexuelle des enfants et des adolescent.e.s et ne pas laisser les médias, internet, et la pornographie le faire à notre place. L’éducation à la sexualité est l’affaire de tous et de toutes : parents, enseignant.e.s, personnes de confiance (…).  Chacun.e n’est pas forcément à l’aise d’aborder ces questions, mais il est essentiel de pouvoir le faire et / ou de désigner des personnes ressources de confiance aux enfants vers qui ils peuvent se tourner. Une bonne stratégie en éducation à la sexualité avec ses enfants est d’aborder ce sujet comme une conversation que l’on commence au plus jeune âge et qui se poursuit tout au long de sa croissance.

Souvent les parents veulent préserver leurs enfants et pensent bien faire en n’abordant pas le domaine de la sexualité avec eux. Quelques repères cependant peuvent être guidant :

  • Les tout petits doivent pouvoir nommer toutes les parties de leur corps, y compris les parties génitales : ils seront ainsi plus en capacité de communiquer sur un problème de santé une blessure ou encore des sévices sexuels.
  • Les tout petits doivent également comprendre que leur corps est privé. Il est normal qu’ils explorent leur corps, notamment en touchant leurs parties génitales, mais ils devraient comprendre quand et où cela est approprié.
  • Pour les enfants d’âge préscolaires ils peuvent comprendre les principes fondamentaux de la reproduction. Il est possible de lui expliquer l’histoire de sa naissance en respectant son degré de compréhension et d’intérêt. Certains enfants s’intéressent davantage à la grossesse et au bébé à venir qu’à l’acte sexuel en lui-même.  
  • Les enfants doivent également comprendre et intégrer le plus tôt possible la notion de consentement. Cette notion peut s’intégrer dans tous les actes de la vie quotidienne : « je comprends que tu sois fâché que ton copain refuse de te prêter son vélo, mais il a le droit de refuser et tu dois l’accepter. » Il est essentiel également d’apprendre à nos enfants qu’on ne peut pas toucher quelqu’un sans son accord et qu’à l’inverse on ne peut pas le toucher non plus sans son accord. Cela s’applique également dans les situations du quotidien, en n’obligeant pas l’enfant à embrasser les adultes de son entourage pour les saluer, mais en leur expliquant qu’il est important de saluer les personnes mais qu’il est libre de choisir de quelle manière (verbalement, salut de la main, câlin, bisous…)
  • A la pré-adolescence et à l’adolescence il est important de guider les jeunes à travers leur utilisation d’internet. 70% des garçons et 35% des filles déclarent avoir déjà surfé sur des sites pornographiques (Jocelyne Robert, 2018). Les films pornographiques sont consultés par les jeunes pour répondre à leurs questions et inquiétudes, et découvrir comment se passe la sexualité. Ils-elles ne sont malheureusement pas forcément en mesure de différencier la fiction de la réalité et il est important que l’entourage et les professionnels contre balancent autant que possible les fausses croyances des jeunes à ce sujet. Le porno montre une sexualité de performance, baignant dans un rapport de domination, voire de culture du viol. Résultats : cela banalise certaines pratiques, par exemple la proportion de jeunes ayant déjà pratiqué l’éjaculation faciale ou la sodomie a doublé en 20 ans (Jocelyne Robert, 2018) et une étude de Santé Publique France révèle que près de 11% des jeunes filles ont fait l’amour la première fois en « cédant aux attentes de leur partenaire ».
  • Les jeunes ont également beaucoup de fausses croyances liées à la sexualité : ils peuvent penser que le VIH s’attrape en embrassant quelqu’un, ou que l’on peut guérir du VIH, qu’il n’est pas possible de tomber enceinte au premier rapport sexuel etc. Il est important qu’ils-elles disposent de toutes les informations nécessaires pour qu’ils-elles puissent avoir des relations sexuelles en toute sécurité et en étant responsables.
  • Il faut également informer les jeunes de tous.toutes les professionnel.les ou lieux ressources pouvant les aider : par exemple les CPEF ou planning familiaux pour y avoir un moyen de contraception, les CeGGID où il est possible de se faire tester pour le VIH et les IST et de s’y faire vacciner contre certaines IST, la pharmacie à laquelle il est possible de prendre une pilule du lendemain gratuitement sans frais à avancer même pour les filles mineures.

L’éducation à la sexualité est donc -en plus d’être obligatoire à l’école- essentielle dans la vie quotidienne et peut être réalisée par l’entourage familial et des personnes ressources dans l’entourage de l’enfant / de l’adolescent.e. Il a été démontré par une étude Canadienne que l’éducation à la sexualité permet de favoriser une meilleure estime de soi, une meilleure écoute de soi-même et de ses ressentis, afin de mieux savoir ce dont on a envie et ce que l’on ne souhaite pas. L’éducation à la sexualité prévient largement le risque de violences sexuelles et sexistes, en permettant aux jeunes de mieux affirmer leur consentement ou leur non consentement, et également d’être attentif.ve à son.sa partenaire et ses réactions. Les jeunes ont également tendance à avoir leur premier rapport sexuel plus tardivement que la moyenne générale, car ils-elles attendent de se sentir prêt.e.s. On peut également rapporter moins de cas de contaminations aux IST et au VIH et moins de grossesses non désirées.

Voici plusieurs ressources pouvant vous aider à aborder ce sujet avec vos enfants ou à proposer à vos adolescent.e.s :

  • Les livres de Jocelyne Robert « Ma sexualité de 0 à 6 ans », « Ma sexualité de 6 à 9 ans », et « Ma sexualité de 9 à 11 ans ».
  • « Le guide du zizi sexuel » par Zep
  • « Les joies d’en bas » par Dahl et Brochmann à destination des jeunes filles
  • L’application / le tchat en ligne « Les Pipelettes » à destination des filles de 15 à 25 ans. Ce tchat est anonyme et une sage-femme répond à toutes vos questions directement.
  • La chaine Youtube « sexy soucis » ou Diane évoque pour les jeunes plein de sujets différents liés à la vie affective et sexuelle.

Un commentaire sur “L’éducation à la sexualité

Répondre à rudolphesplesdin Annuler la réponse.