Cancer du sein & sexualité

Le mois d’octobre met en lumière la maladie du cancer du sein, qui est le cancer féminin le plus fréquent. Près d’une femme sur neuf sera concernée par cette pathologie au cours de sa vie. Les hommes aussi, peuvent développer un cancer du sein, même si cela est beaucoup plus rare : le cancer du sein représente 0,5% des cancers masculins.


Comment prévenir le cancer du sein ?

75% des cancers du sein se développent après l’âge de 50 ans. L’âge moyen du diagnostic est de 61 ans. Les principaux facteurs de risque du cancer du sein sont : l’âge, les antécédents personnels (avoir déjà été atteint-e du cancer du sein), les antécédents familiaux, les prédispositions génétiques, et le mode vie (la consommation de tabac et d’alcool, être en surpoids, ou encore le manque d’activité physique).

Il est recommandé entre 25 et 49 ans de réaliser un examen clinique des seins tous les ans (palpation) chez le gynécologue ou la sage-femme. A partir de 50 ans, une mammographie de dépistage est recommandée tous les deux ans en plus de l’examen de palpation annuel.


Retentissement psychologique du cancer du sein

L’annonce d’une maladie telle que le cancer du sein peut être un réel bouleversement et avoir un important retentissement psychologique. Elle peut générer de nombreuses émotions telles que la peur, la colère, la tristesse, un sentiment de désespoir, etc.

N’hésitez pas à vous faire aider si vous ressentez de l’anxiété ou si vous vous sentez triste ou en difficulté. Des psychologues hospitaliers peuvent être disponibles pour vous accompagner durant votre parcours de prise en charge.


Cancer du sein et sexualité

Le cancer du sein peut également avoir un retentissement important sur la vie affective et sexuelle. L’étude de Schag (1993) met en évidence que la moitié des patientes participantes se plaignent d’une altération de leur vie sexuelle.

Une autre étude précise que la fréquence des rapports, le désir sexuel et la capacité à atteindre un orgasme sont impactés pour la moitié de leurs participantes (Safa Smida, 2021).

La prise en charge du cancer et les différents traitements peuvent générer des difficultés somatiques :

  • Une sécheresse vaginale (pouvant être provoquée par l’hormonothérapie qui inhibe les oestrogènes, ou encore par la baisse de désir sexuel)
  • Des dyspareunies
  • Des bouffées de chaleur (notamment avec l’hormonothérapie)
  • Une prise de poids
  • Des infections urinaires
  • De la fatigue
  • Des nausées, etc.

A un niveau psychologique, d’autres difficultés peuvent apparaitre dans le champ de la vie affective et sexuelle. Dans une étude de Notari, Fornage & Zaman (2018) les femmes peuvent évoquer :

  • une perte de spontanéité lors des rapports sexuels,
  • un sentiment de honte, la peur du regard de l’autre,
  • ou encore des comportements d’évitement.

D’autres conséquences peuvent également survenir :

  • L’image de soi peut être altérée
  • La baisse de libido (différents facteurs peuvent agir sur la libido : la fatigue, l’état de santé général, des affects anxio-dépressifs, des difficultés sexuelles ou conjugales antérieures)
  • La relation de couple peut être impactée par le contexte de la maladie. N’hésitez pas à dire à votre partenaire ce que vous ressentez par rapport à la maladie et ses traitements, mais aussi de votre sexualité et vos préoccupations. Maintenir une communication est important pour traverser ces épreuves ensemble et garder un équilibre.

Corps et féminité

L’atteinte du sein est un organe ayant une symbolique importante : l’identité, la sexualité, ou encore la maternité . La chirurgie pouvant mutiler cette partie du corps, peut entrainer une altération de l’image corporelle, parfois accompagnée d’une baisse de l’estime de soi voire d’une dépression, et impacter par ricochet la vie sexuelle. La chirurgie peut également de manière transitoire générer des douleurs post-opératoires.  

L’alopécie vient également parfois bouleverser la personne dans sa féminité et son image corporelle.

Toutes ces atteintes corporelles, peuvent nécessiter un temps d’adaptation pour la personne malade et pour le couple. La personne doit réussir réapprivoiser son corps avec les modifications subies. Il est important également de pouvoir le réinvestir, quant il est devenu du jour au lendemain un corps médicalisé, et pouvant donner la sensation d’en être dépossédé.

Parler à votre partenaire de votre vécu vous permettra d’avancer ensemble face à toutes ces modifications. Votre partenaire n’a pas forcément idée des sentiments que vous éprouvez, de vos inquiétudes ou pensées, ou encore de vos gênes ou sensibilités corporelles. En parler ensemble vous permettra d’appréhender ces difficultés ensemble et de pouvoir, si vous le souhaitez, réinvestir une sexualité sereinement en l’adaptant à votre situation.


Conclusion

La sexualité fait partie de la santé de l’individu, même si ce sujet peut parfois être difficile à aborder avec des professionnel-le-s. Néanmoins il est important de pouvoir parler de la vie sexuelle et de votre maladie à des professionnel-le-s pour ne pas rester seul-e avec vos difficultés, et trouver des solutions ou une aide adaptée. N’hésitez pas à le faire avec les professionnel-le-s vous accompagnant dans votre parcours de soin : médecin, psychologue, … pour soulager des symptômes douloureux ou encore travailler sur vos difficultés psycho-sexologiques. Des sexologues peuvent également vous accompagner par rapport à vos difficultés (services de santé sexuelles, sexologues en cabinet, etc).

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