Le Mois des Fiertés

Le mois de juin est le mois des Fiertés, de la lutte contre les discriminations liées à l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Si les droits des personnes LGBTQIA+ progressent, et que le regard de la société évolue progressivement, les discriminations et stigmatisations restent présentent et il peut être encore difficile aujourd’hui d’avoir une orientation sexuelle différente de celle majoritaire.

« Est ce qu’on va un jour en finir
Avec la haine et les injures
Est-ce que quelqu’un viendra leur dire
Qu’on s’aime et que c’est pas impur. »

HOSHI

« C’est quoi l’orientation sexuelle ? »

L’orientation sexuelle, c’est l’attirance sexuelle qu’une personne ressent envers le sexe opposé, le même sexe ou les deux sexes. On parle habituellement d’hétérosexualité (attirance pour les personnes du sexe opposé), d’homosexualité (attirance pour les personnes du même sexe) ou de bisexualité (attirance pour les personnes des deux genres).

Aujourd’hui, d’autres termes apparaissent pour définir différentes orientations possibles, on peut parler par exemple notamment entre autres de la sapiosexualité (attirance pour les personnes intelligentes ou instruites et charismatiques), de la pansexualité (attirance pour les personnes indépendamment de leur genre) ou encore l’asexualité (l’absence ou le peu d’attirance sexuelle et de désir sexuel).

« Pourquoi un mois des Fiertés ? »

Le 28 juin 1970, un an après les émeutes de Stonewall, la première « Gay Pride » est organisée à New-York. En 1972, la première gay pride en Europe se tiendra à Berlin. Aujourd’hui, la Marche des Fiertés a lieu dans de nombreux pays chaque année.

Si les droits ont avancé et que les discriminations homophobes sont condamnées aujourd’hui en France, l’homophobie reste toujours d’actualité. L’association SOS homophobie témoigne dans son rapport de 2021 avoir reçu près de 2000 témoignages sur leur service d’écoute. L’organisme ajoute également que les violences homophobes augmentent de manière exponentielle. L’association propose pour les personnes victimes de discriminations ou violences homophobes un numéro d’écoute : 01.48.06.42.41.

Le sondage IFOP de 2019 sur le regard des Français-e-s concernant l’homosexualité démontre

  •  une plus grande acceptation sociale de l’homosexualité (85% des personnes interrogées estiment que l’homosexualité est une manière comme une autre de vivre sa sexualité, et 72% des français-e-s accepteraient bien le fait que leur enfant soit homosexuel),
  • une tolérance plus forte à l’égard de la visibilité des personnes LGBT dans l’espace public (33% des français-e-s trouvent choquant de voir un couple homosexuel s’embrasser dans la rue contre 63% en 1996).
  • mais malgré tout la persistance de clichés homophobes de transphobes (11% des français-e-s pensent qu’en présence d’une personne homosexuelle du même sexe qu’elle, elle risque d’être dragué).

Pour toutes ces raisons, les personnes LGBTQIA+ et les personnes alliées soutenant la lutte contre les discriminations homophobes et transphobes, continuent à manifester en juin lors de la Marche des Fiertés.

« Suis-je obligé-e de me définir par l’un de ces termes ou par mon orientation sexuelle ? »

Non, personne n’est obligé de se définir par son orientation sexuelle. Certaines personnes ressentent le besoin dans leur construction ou parcours de se définir et s’identifier à une orientation précise et se dire « hétérosexuel-le », « homosexuel-le », « bisexuel-le », « pansexuel-le »  etc. Mais certaines personnes n’en ressentent pas le besoin ni l’envie, c’est légitime et c’est leur droit.

« Y’a-t-il un âge ou une période pour se questionner sur son orientation sexuelle ? »

On a tendance à associer l’adolescence, qui est une période de chamboulements et de questionnements, à celle où l’on se questionnera également sur son orientation sexuelle. Cela peut effectivement être une période propice à l’émergence de ces questionnements.

Cela étant dit, il n’y a pas d’âge pour se questionner sur son orientation sexuelle, et on peut le faire à n’importe quel moment de sa vie.

« Peut-on changer d’orientation sexuelle au cours de sa vie ? »

La vie affective et sexuelle et notre orientation sexuelle n’est pas quelque chose de rigide ni d’immuable. On peut se questionner, évoluer, tout au long de sa vie. Nos envies, nos désirs, nos codes d’attraction peuvent changer, il n’y a rien d’anormal à cela. Cela ne veut pas forcément dire que la personne « refoulait » son identité profonde. Parfois oui, dans certaines situations l’émergence de ces questionnements n’était pas possible avant pour diverses raisons, mais parfois il s’agit tout simplement d’un cheminement individuel évolutif.

« L’orientation sexuelle devient un effet de mode. »

Les chiffres ne montrent pas d’évolution par rapport au nombre de personnes se déclarant homosexuelles ou bisexuelles. Cette impression est sans doute en lien avec la visibilité actuelle donnée à ces sujets et les avancées qui en découlent. Ce changement progressif de culture autorise certainement plus qu’avant les adolescent-e-s et jeunes adultes d’aujourd’hui à parler et se questionner sur leur identité et orientation sexuelle. Mais non, l’orientation sexuelle n’est pas un effet de mode.

« Le coming-in : c’est quoi ? »

On parle souvent de « coming out » pour désigner le moment où une personne annonce à son entourage ou d’autres personnes sont orientation sexuelle.

Le « coming in » serait plutôt l’étape précédent le « coming out », c’est la période de cheminement où la personne se questionne et prends conscience de son orientation sexuelle. Ce cheminement peut être plus ou moins long, plus ou moins difficile pour les personnes en fonction de nombreuses variables : son entourage, ses croyances religieuses, sa culture, la pénalisation de l’homosexualité dans certains pays, le fait d’évoluer dans un environnement homophobe ou hostile, l’homophobie intériorisée,  etc.

« Je n’ose pas faire mon coming-out ou ne sait pas comment le faire ? ».

Il n’y a aucune obligation à faire son coming-out. Il s’agit de son intimité et son histoire personnelle, et le partager est un choix propre à chacun-e. Choisir avec qui le partager également. Chacun-e peut avoir des besoins différents dans son acceptation et son cheminement, et dans le fait d’en parler ou non, avec qui et de quelle manière.

Si vous ressentez le besoin d’échanger avec des personnes, il existe des associations LGBT dans de nombreuses villes, proposant un espace de paroles ou des temps de rencontre, permettant de partager avec d’autres personnes ses doutes, difficultés, ou questionnements.

« J’ai l’impression qu’un-e proche, un-e ami-e est LGBTQIA+. Que faire ou lui dire ? »

Il n’y a rien à faire si ce n’est se montrer ouvert d’esprit, tolérant et bienveillant sur ces questions, pour que la personne se sente en confiance si elle a envie un jour de vous parler. Il est inutile de forcer un dialogue, ou d’interroger la personne, ou même encore de lui dire votre avis sur son identité. Tout simplement parce que parfois on projette des choses faussées sur l’autre (l’expression de genre ou l’adoption de codes féminins ou masculins ne sont pas forcément liés avec l’orientation sexuelle, par exemple ce n’est pas parce qu’une amie adopte un look masculin qu’elle est lesbienne !), ou aussi parce que la personne n’en est peut-être pas là dans son cheminement, ou encore parce qu’elle ne ressent pas l’envie d’en parler. L’une des meilleures attitudes à adopter est sans doute encore de respecter l’autre dans sa discrétion ou son intimité, et créer un climat sécurisant : éviter les blagues homophobes « même pour rire », et se montrer ouvert d’esprit et bienveillant sur ces questions.

Ressources :

La bande dessinée « Coming in » d’Elodie Font (2021).

« Les nouvelles hétérosexualités » de Daniel Welzer-Lang (2019).

https://www.sos-homophobie.org/

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