Le stress

Nous parlons ou jugeons souvent le stress de manière négative. Pourtant, à l’origine, il a une fonction : nous aider à nous préparer et nous protéger. Imaginez que vous vous retrouvez face à un lion dans la savane : que se passe-t-il pour votre cerveau et votre corps ? Le cerveau envoie des signaux grâce aux hormones (le cortisol et l’adrénaline). Le corps peut se paralyser un instant, mais du sang est également envoyé vers les jambes pour nous préparer à une éventuelle fuite. Dans un premier temps lorsque nous sommes confrontés à un stresseur, nous devons évaluer quelle est la meilleure stratégie à adopter dans cette situation précise : fuir, courir, rester immobile, se cacher, crier ? C’est ce temps d’évaluation qui nous permet de réagir en fonction du contexte même si le stresseur est le même : nous aurons normalement envie de courir si l’on rencontre un lion dans la nature, mais pas si nous rencontrons un lion dans un parc au zoo !

La recette du stress.

Comment pourrions-nous définir le stress ? « C’est un état qui survient lorsque l’on perçoit la situation comme étant un problème qui a un coût significatif pour soi-même et va engendrer un effort ou un débordement de ses propres ressources pour y faire face » (Ostell).

Plusieurs ingrédients vont influer sur l’importance du stress. Plus il y a d’ingrédients présents, plus le stress sera ressenti comme important.

  • Un contrôle faible : vous sentez que vous n’avez aucun ou peu de contrôle sur la situation (par exemple : vous avez une réunion importante au travail et vous êtes coincé dans les embouteillages).
  • L’imprévisibilité : quelque chose de complètement inattendu se produit ou encore, vous ne pouvez pas savoir à l’avance ce qui va se produire (par exemple : la crèche de votre enfant annonce une grève mais vous ne savez pas quand elle aura lieu ni combien de temps).
  • La nouveauté : quelque chose de nouveau que vous n’avez jamais expérimenté se produit (par exemple : vous attendez votre premier enfant, vous devez animer votre première conférence).
  • L’égo menacé : vos compétences et votre égo sont mis à l’épreuve. On doute de vos capacités (par exemple : un nouveau collègue vous questionne sur votre manière de travailler).

Le stress ponctuel ou le stress aigu survient suite à un élément déclencheur (un stresseur) comme par exemple l’attente d’une décision ou la perspective de devoir un discours en public. Il est de courte durée et peut même parfois avoir un effet positif sur l’organisme en décuplant les performances.

Si le stress est naturel et a une fonction : quel est le problème alors ? Le stress devient problématique lorsqu’il devient prolongé, chronique ou inadapté (par exemple : un stress lié à son emploi qui est quotidien ou se répète, une maladie chronique, etc). Dans ce cas, il pourra alors avoir des répercussions négatives sur la santé mentale et physique.

Dans le cas d’un stress chronique, l’individu va être exposé au syndrome général d’adaptation au stress que nous pouvons détailler en plusieurs stades :

  • Le stade 1 : la phase d’alarme. Dans cette phase l’individu perçoit un stresseur et l’organisme va déclencher une réponse.
  • Le stade 2 : la résistance. A cette étape la personne tente de s’adapter au stresseur, mais est en surrégime. Différentes tentatives d’adaptation peuvent être déployées par l’individu (parfois l’utilisation de produits pour tenir le coup : substances psychoactives, médicaments, …).
  • Le stade 3 : l’épuisement. A ce moment la personne perd ses capacités à faire face au stresseur. Ce stade se caractérise par une fatigue extrême, parfois accompagnée de l’impossibilité à continuer de travailler, avec aussi parfois l’apparition de pathologies ou de dépression.

Comment identifier les signaux de stress ?

Différents signaux peuvent vous alerter sur un état de stress : des problèmes musculosquelettiques (tensions musculaires, douleurs articulaires, …), des troubles digestifs, des maux de tête, une tachychardie, de la fatigue, une insomnie, une hypertension artérielle, des étourdissements, une nervosité ou agitation, de l’anxiété, des sautes d’humeur, un sentiment d’insatisfaction, une hypersensibilité, de l’irritabilité, de la colère, des crises de larmes inexpliquées, le sentiment de ne plus y arriver, des idées noires, de l’indécision, des ruminations, des troubles de la mémoire et de la concentration, de l’agressivité, un repli sur soi, etc.

Le stress serait la raison de 60% des consultations chez le médecin. Il touche tout le monde, peu importe l’âge ou le niveau social. Il est un enjeu de santé important puisqu’il majore le risque d’avoir un problème cardiovasculaire (2,5 X plus de risque de faire un infarctus du myocarde) et le risque de souffrir d’une dépression, il accélère aussi le vieillissement, et il pourrait y avoir un lien entre le stress et certaines maladies chroniques. Il va aussi impacter différentes sphères comme le sommeil, l’appétit, l’humeur, ou encore la libido.

Quand le stress mène à la dépression …

Le trouble dépressif touche toute la population. Il concernerait 20% des individus au moins une fois dans sa vie. Plusieurs indicateurs doivent vous alerter : une fatigue persistante, un manque d’énergie ou une grande agitation, un trouble du sommeil (insomnie, hypersomnie), une diminution ou augmentation de l’appétit pouvant être associées à une perte ou un gain de poids, une diminution ou perte de l’intérêt sexuel, l’apparition de malaises comme des maux de tête, des douleurs au dos, à l’estomac, une grande tristesse, une grande perte d’intérêt pour les activités professionnelles, familiales ou sociales, une diminution de l’estime de soi, des difficultés à se concentrer sur une tâche, des difficultés à prendre des décisions, des idées suicidaires, etc.

Comment gérer son stress ?

Différentes méthodes de relaxation et de gestion du stress ont fait leurs preuves comme par exemple : la pleine conscience, la méditation, la cohérence cardiaque, la sophrologie, l’hypnose, etc.

Des modifications dans vos habitudes de vie peuvent également vous aider : faire des pauses, avoir une activité physique, faire des exercices de respiration, avoir une bonne qualité de sommeil.

Quand consulter ?

Il est parfois nécessaire de consulter un-e professionnel-le lorsque la situation devient prolongée et vous met en difficultés. Cela peut être à envisager si vous ressentez de la détresse, quand vos symptômes vous empêchent de fonctionner normalement, ou encore quand vous avez des difficultés à assumer vos responsabilités sociales, professionnelles ou familiales.

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