La masturbation a bien longtemps été considérée comme tabou. Comment pourrait-il d’ailleurs en être autrement alors que la sexualité a longtemps été régie par la vision judéo-chrétienne condamnant fermement cette pratique, et les manuels de médecine vous assurant de devenir sourd ou souffrir des pires maux si vous la pratiquiez.
Heureusement, depuis les mentalités ont changé mais si la masturbation masculine est normalisée, la masturbation féminine souffre encore du tabou.
En 2006 dans l’enquête « Contexte de la Sexualité en France » (CSF) 90% des hommes déclarent avoir déjà pratiqué la masturbation, pour 60% des femmes. Cependant, en 1993 seules 44% des femmes déclaraient avoir déjà réalisé cette pratique !
Comment expliquer ce décalage entre les hommes et femmes ? La masturbation féminine reste t’elle encore un grand tabou ? Dans le « Petit Guide de la Masturbation Féminine » de Julia Petri, son enquête révèle que 47% des femmes interrogées se sentaient coupable de pratiquer la masturbation en étant plus jeune, et 14% d’entre elles encore actuellement.
Pourtant, la masturbation féminine est positive pour de multiples raisons. Elle permet de s’approprier ou de se réapproprier sa sexualité et de mieux se connaitre. Elle a également de nombreux effets positifs tels que la détente, le lâcher prise, améliorer la qualité de sommeil, atténuer des douleurs. Après un traumatisme sexuel, la masturbation peut également être un moyen de travailler son rapport à la sexualité et se reconnecter progressivement à son corps.
Il est important également de détruire le mythe de l’orgasme vaginal. Aucune femme n’est vaginale ou clitoridienne. L’orgasme provient toujours du clitoris, entourant l’orifice vaginal. C’est celui-ci qui est stimulé que ce soit par pression directe sur le capuchon du clitoris, ou par pénétration vaginale.
Pour finir, un petit conseil aux couples. Le clitoris reste encore le grand oublié des rapports sexuels, ou tout simplement rétrogradé au rang de « préliminaires » sous entendant qu’il est moins important que la pénétration. Quel dommage quand on sait que c’est le SEUL organe uniquement dédié au plaisir et qu’il possède 7000 terminaisons nerveuses ! Alors pensez-y seule, à deux, avant / pendant / après la pénétration !